dimanche 29 décembre 2013

131. Nostalgie d'été


130. Martin l'enchanteur

 Lombardie . Fiume Brembo 08/2013


Lombardie Fiume Brembo 07/2014

 Rhodes. octobre 2013

Lombardie, fiume brembo , décembre 2013

129. Douceur d'automne

 Aquarelle 40 X 50  novembre 2013

dimanche 20 octobre 2013

128. Au Pays des mille collines

Petit hommage coloré au pays des mille collines (Rwanda, Burundi)


"Au Marché"
Acrylique sur bois 28 X 33 cm 

"Le Pays des mille collines"
Acrylique sur bois 28 X 33 cm

mardi 6 août 2013

127. Périls et surprises de la photo animalière

Ceux qui me suivent depuis longtemps se souviennent peut-être de mes dessins sur les " périls de la macro photo ( article 86 )
Je peux vous dire aujourd'hui, que la photo animalière n'est pas elle non plus dénuée de risque. 

Vous avez une minute? Bon, alors, je vous raconte.

Pas loin de chez moi, il y a un fleuve, le Serio, et un parc naturel, appelé « Oasis vert » un nom évocateur s’il en est. Je décide de m'y rendre pour  chercher un joli coin pour un affût  Et me voilà partie en scoot , vêtue de ma tenue mimétique . L’endroit est difficile à trouver, on est en Italie, et les panneaux indicateurs sont trompeurs et vous envoient à nulle part. Finalement, je découvre un lieu enchanteur. Il faut marcher un peu pour s’éloigner des pelouses encombrées de familles et d’adeptes du bronzage, mais les rives que j’aperçois sous le couvert des arbres  plus loin,  semblent grouiller d’oiseaux. Justement, un échassier s’envole, et toute à ma joie d’avoir découvert cet endroit fabuleux, je prête peu attention aux rares humains que je rencontre encore, ( qui eux, semblent franchement surpris de me voir là...). Un homme, la soixantaine rebondie et très dénudée, notamment, s’effraie  de me voir déboucher d’un buisson. Avec ma tenue mimétique, il ne m’a pas vue approcher. Je ne pense qu’aux oiseaux et ne m’étonne guère de le voir prendre le soleil, tout nu, caché dans les fourrés …à l’ombre. 
Je m’installe sur la rive, et n’ai pas trop besoin de me cacher pour admirer une famille de gobe mouche qui habite juste là. 
En face, sur l'autre rive du fleuve, j'avise alors un homme qui jette des regards circulaires comme pour surveiller les lieux. Son manège m'intrigue, mais lorsqu'il met la main à l'entrejambe, je comprends qu'il veut simplement faire pipi. 
Après avoir hésité un peu, je décide de lui signaler ma présence,  je ne voudrais pas qu'il me voie au dernier moment et arrose ses chaussures  
 Il semble, particulièrement surpris de me voir là. ( il a jamais vu une photographe ? ) Mais je l’oublie bien vite, car entre-temps  j’avise une Aigrette garzette qui s’est posée non loin de là. Je m’en approche à pas de loup, concentrée sur l’objectif, indifférente aux rares présences autour de moi.

Quelques clichés plus tard, j’ai la sensation d’être  …observée. En fait, non loin de là, un type m’épie. Je m’éloigne, et il me suit, toujours l’air de rien et à distance. Le malaise me gagne et je décide de rentrer, de toute façon, il est tard. Sur le sentier du retour, je croise un groupe de 3 ou 4 gars, ils bavardent, l’un d’eux est tout nu .je salue brièvement, le regard pudiquement tourné de l’autre côté, vers la berge d’en face, où je vois…… deux mecs,  pantalon sur les chevilles, en train de …. (Non, pas en train de faire pipi :-(….)

Tandis que la réalité de la situation s’impose brutalement à mon petit cerveau de blonde distraite et naïve,   une voix juste derrière  moi me fait sursauter :

- Que fais tu par  ici ? 

Mon cœur s’arrête, s’emballe, s’arrête de nouveau, j’ai oublié comment on fait pour respirer.
La question est posée sur un ton amical, par un des types que je viens de croiser et qui m’a emboité le pas. Je suis encore complètement sidérée par la scène, et sans trop réfléchir, je réponds :

- heu..je photographie les oiseaux.

Ma réponse déclenche l'hilarité du garçon. ( En Italien, le mot oiseau, "ucello",  désigne aussi le sexe masculin). Avec humour, il me dit: " Ah oui, ici tu en verras de toutes sortes". Nous parcourons ensemble un bout de chemin, et il m'explique que ce lieu est le rendez-vous de la gent homo de la ville. Mais que je ne risquais rien du tout, " ils seront juste étonnés de voir une fille ici"
d'ailleurs, ajoute-t-il, "ils sont tous mariés..."


mardi 26 mars 2013

126 . Météo du jour

Le printemps se fait désirer, et l'hiver joue les prolongations. Pluie ou neige me contraignent à rester enfermée à la maison: tant qu'à faire, sortons les pinceaux et mettons nous au diapason de la météo....


jeudi 15 novembre 2012

125. Le gardien

Un conte inspiré d'une histoire vraie, que je dédie à tous les amoureux des chats, et en particulier à Marc, acteur involontaire de cette histoire. 
Un grand merci à Chantal et à Alain, l'une écrivain, l'autre expert en ponctuation et en syntaxe, pour leur aide précieuse 
:-)

 Il aimait ce moment quand  le cimetière perdait son air gris et triste,  s’habillant de mille couleurs. Toutes ces fleurs, en bouquet, en vase, ficelées dans des cellophanes dans les bras des visiteurs ou  déposées sur les pierres tombales , créaient un joli désordre auquel s’ajoutaient  les cris et rires des enfants  qui gambadaient autour des tombes, éparpillant sur les fleurs les notes de leur joie de vivre .
Les adultes les rappelaient  à l’ordre : « Chut ! Un peu de tenue ! »
 Il avait envie de  dire aux parents de  laisser les enfants rire, jouer, courir et  crier ; de les laisser être heureux  et insouciants.
«  Les morts sont contents. Je le sais. C’est trop calme ici d’habitude. On s’ennuie souvent. Bien sûr, je suis là. Je leur tiens compagnie. On parle mais, vous savez, les fleurs, les enfants, c’est bien. Le soleil, les oiseaux aussi. Vous entendez ? C’est vraiment un beau jour de fête ».

Il aimait ce moment.

 Oui, il aimait voir que ses amis, les défunts, recevaient leurs proches. Surtout, qu’aujourd’hui, sous  le soleil doux et caressant de cette belle journée, et les bras chargés de fleurs, ils  oubliaient   d’être tristes.
Les oiseaux, eux aussi, semblaient participer à  la  fête. Les perruches provoquaient les feuilles jaunissantes des arbres, avec leur plumage d’un vert si éclatant. Elles s’interpellaient d’une branche à l’autre, commentant l’allure des visiteurs comme des commères.
Elles  provoquaient le gardien,  aussi. « Attrape nous donc, si tu le peux ! » criaient-elles en volant très près de lui.
Aujourd’hui, il était trop distrait pour s’en offusquer. Il avait déjà assez à faire, à surveiller les lapins, cachés derrière la petite haie. Ceux-là  n’étaient rien d’autre que des  vauriens, incapables d’apprécier ces belles fleurs autrement que pour les dévorer ! Ils saccageaient les plus beaux bouquets et renversaient les pots qui, parfois, se cassaient.
Ils étaient là qui  attendaient, hésitants. Tentés par toutes ces fleurs délicieuses, mais apeurés par  les gens. Jusqu’à ce soir, il était tranquille, les lapins  ne  feraient pas de dégâts.
Il reporta son attention sur les visiteurs. Un couple en particulier l’intriguait. Un homme et une femme. Ils s’étaient arrêtés  devant deux sépultures peu éloignées l’une de l’autre et  semblaient chercher quelque chose, parcourant les allées lentement, déchiffrant les noms gravés sur les stèles. L’homme parfois s’arrêtait, et se penchait sur une tombe.

Il s’approcha pour mieux voir…

La femme  venait de   rejoindre son compagnon, il l’entendit  lui demander d’un ton à la fois ironique et surpris : «  tu leur as demandé la permission, au moins ? »
La permission ? À qui ? De quoi ?
Le gardien eut à peine  le temps de s’étonner qu’on ne l’eut pas concerté, pour une question concernant le protocole du cimetière, qu’il  vit  un petit bouquet dans la main de l’homme. Quatre ou cinq fleurs,  pas plus, coupées très court, presque sans tige.
Il comprit alors, que l’homme ne se penchait pas sur les tombes, mais sur les fleurs ! Il avait prélevé quelques chrysanthèmes et les déposait, à présent, sur une tombe nue qui ne recevait  pas souvent des visites.
 Il resta  très perplexe. Cueillir des fleurs déposées dans les cimetières était quand même une sérieuse entorse au règlement ! Mais  les déposer ensuite sur les tombes que personne ne visitait, voilà une attention à laquelle notre ami des défunts était très sensible. Partagé entre des sentiments  contradictoires, il se demandait comment affronter cette situation ?
C’est alors qu’il vit l’homme se pencher à nouveau sur un magnifique  chrysanthème « Junique » à grosses fleurs. Son intention semblait claire : il s’apprêtait à  mutiler ce magnifique bouquet ! L’affaire devenait grave ! Il ne pouvait décemment pas laisser cet individu opérer un tel sacrilège, même animé des plus charitables intentions ! Prélever quelques minuscules boutons de fleur sur de grosses gerbes charnues… passe encore ! Mais mutiler ce magnifique plant de « Junique » qui exhibait majestueusement 4 ou 5 fleurs, non, il ne pouvait pas le tolérer !
Il décida d’intervenir.
***
Elle aimait ce moment.
Les occasions de rendre visite à son père se faisaient rares. Elle habitait à l’étranger, et ses séjours coïncidaient rarement avec la toussaint.
Cette journée était vraiment exceptionnelle. Le soleil l’adoucissait et caressait d’une belle lumière la palette colorée des hommages floraux .Même en temps ordinaire, lorsqu’il n’était pas paré, comme maintenant, de toutes ces fleurs et animé par les nombreuses visites familiales, ce cimetière lui plaisait. Il s’étendait  à l’orée d’une forêt, entouré de champs et, avec ses pelouses et ses grandes allées, il avait l’allure d’un  parc où il était agréable de se promener. La dernière demeure, parfaite, pour son père qui aimait tant la nature.
Des lapins facétieux taillaient les bouquets à peine déposés et de nombreux oiseaux habitaient ce lieu tranquille.
 Aujourd’hui, elle était venue accompagnée d’un ami. Leurs pères étaient inséparables.  Ils étaient décédés à quelques mois d’intervalle, comme s'ils avaient trouvé inamical de se survivre trop longtemps.
Elle avait apporté un petit vase de bruyère,  pensant naïvement que les lapins n’aimeraient pas ces fleurs discrètes et rugueuses. De surcroît,  cette  plante un peu sauvage, correspondait bien au caractère de son père. Elle savait qu’il n’aurait pas adoré les conventionnels chrysanthèmes même si,  rassemblés  dans cette parade colorée, elle trouvait qu’ils faisaient aujourd’hui, bien belle figure. Certaines tombes disparaissaient complètement sous d’immenses  bouquets de fleurs, soulignant la nudité et l’oubli de quelques autres.
L’ami semblait,  lui aussi, trouver un peu triste ce contraste entre les sépultures surchargées de fleurs et celles qui paraissaient vraiment tombées dans l’oubli. Elle remarqua que,  discrètement,  il cueillait par ci par là des boutons  sur les tombes fleuries pour les déposer sur les celles délaissées. Interloquée, elle ironisa gentiment :
«  Tu leur as demandé l’autorisation, au moins ? »
Ensuite, elle fit semblant de ne plus remarquer son petit manège tandis qu’ils cherchaient  la tombe de la mère d’une de ses anciennes compagnes de classe, résidant à l’étranger, elle aussi.
 
C’est alors que l’homme s’arrêta devant un bouquet différent des autres. Un vase qui n’exhibait que 5 fleurs mais, énormes et somptueuses. Elles  étalaient leur belle couleur nacrée et l’opulence de leurs coroles comme une provocation à l’égard de tous les autres bouquets  qui, en comparaison, paraissaient  soudain bien modestes. Incrédule, puis horrifiée, elle le vit tendre la main, prêt à opérer ce qui, selon elle, ne constituerait plus l’innocent chapardage d’un robin des cimetières, mais véritablement un sacrilège ! Elle se devait de l’en empêcher, mais comment faire sans l’offenser ?

-« REGARDE, s’exclama-t-elle ! Un chat ! Comme il est beau ! »

Le chat, qui s’était approché d’eux, était magnifique. Il était très grand, robuste, totalement noir, d’un poil fourni et brillant. Son allure majestueuse et son regard paisible, plein d’assurance, n’étaient pas ceux d’un chat errant. 

D’ailleurs, comme si le lieu se prêtait parfaitement à une rencontre mondaine, le félin entreprit un rituel de salutations très amicales, se frottant en ronronnant contre les jambes de l’ami.

Surpris, celui-ci  en oublia instantanément ses projets de redistribution équitable des fleurs tombales. Il était complètement séduit par  l’animal qui, il faut le dire, lui prodiguait  démonstrativement son affection.
 Très courtoisement, le chat  adressa  également ses civilités à la dame. Elle trouva d’ailleurs, qu’il y avait  dans son aristocratique maintien,  de quoi s’étonner qu’il ne se fût pas d’abord adressé à elle…..
Elle eut confusément le sentiment que ce chat les avait choisis. En effet, il ne s’intéressait pas aux autres visiteurs du cimetière, qui amusés par la scène, tentaient d’attirer son attention, et tendaient la main, mendiant ses  caresses.
L’animal semblait très satisfait de l’amabilité  du couple, qu’il escorta  tout le temps que dura encore la visite.
Les deux amis,  sous le charme de cette rencontre insolite et flattés de ces égards, prolongèrent leur promenade au cimetière. Accompagnés  par le  chat, ils retournèrent sur les tombes de leurs pères. Le matou s’installa familièrement sur la pierre qui recouvrait l’une d’elles.
« Mon père adorait les chat, dit-elle, pensive. On dirait qu’ils se connaissent… »

Le gardien du cimetière, le beau chat noir, ne pouvait  lui répondre, qu’en effet,  il connaissait tous les habitants de ce lieu tranquille. Tous étaient ses amis. (Même ceux qui n’aimaient pas trop les chats de leur vivant…)

Il aurait aimé leur dire qu'il était content qu’eux aussi, soient devenus ses amis.
Et …qu'il était également très heureux d’avoir sauvé les « Junique ».